Claude Guéant : l'ex-ministre hospitalisé d'urgence à la veille de son procès

Claude Guéant : l'ex-ministre hospitalisé d'urgence à la veille de son procès

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, 77 ans, a été "hospitalisé d'urgence pour une intervention chirurgicale", selon son avocat. Il devait être jugé à partir du 15 février 2022 à Nanterre pour "escroquerie" dans l'affaire du remboursement de ses frais de campagne parlementaire en 2012.

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant a été "hospitalisé en urgence" lundi 14 février 2022 pour "subir une intervention chirurgicale", a indiqué son avocat à l'AFP. Cela rend encore plus probable le report de son procès pour "escroquerie" aux frais de campagne, qui doit s'ouvrir mardi à Nanterre. L'homme de 77 ans, qui souffrait déjà de "problèmes cardiaques", a contracté "plusieurs pathologies complémentaires graves" pendant ses deux mois de détention à la prison parisienne de la Santé, a déclaré l'avocat Philippe Bouchez El Ghozi. Claude Guéant a été incarcéré du 13 décembre au 9 février, une première pour un ancien pensionnaire de Beauvau, et bénéficie depuis d'une liberté conditionnelle. A sa sortie de l'hôpital, "Claude Guéant doit se reposer chez lui pendant une dizaine de jours et espère retrouver toutes ses facultés dans un mois environ", a ajouté son avocat, qui demandera le 15 février au matin à Nanterre le renvoi de son procès, prévu pour durer deux jours. Une épreuve de plus pour l'homme politique qui a perdu sa femme et mère de ses deux enfants, Rose-Marie Benoist, des suites d'un grave cancer.

L'ancien secrétaire général de l'Élysée sous Nicolas Sarkozy devrait être jugé pour "escroquerie" dans le cadre du remboursement de ses frais de campagne législative en 2012, après la distribution d'un tract en sa faveur par le maire UMP (devenu LR) de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Ce délit est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 375.000 euros d'amende. L'ancien préfet et directeur général de la police nationale devait également comparaître devant le tribunal correctionnel pour "financement illicite" de la campagne électorale. Pierre-Christophe Baguet, maire LR de Boulogne-Billancourt, figurait également parmi les prévenus pour "financement illicite" de la campagne électorale. Dans cette affaire, le parquet reproche à Baguet et Guéant d'avoir tenté de faire financer par la ville de Boulogne-Billancourt des dépenses de propagande électorale pour soutenir la candidature de Claude Guéant. Ce que contestent formellement les deux prévenus.

Outre ce procès, les ennuis judiciaires continuent pour l'ancien ministre, rappelle l'AFP. Claude Guéant doit à nouveau comparaître dans l'affaire des sondages de l'Elysée, après avoir fait appel de sa condamnation à un an de prison, dont huit mois ferme, pour favoritisme, le 21 janvier dernier. Il reste également mis en examen dans l'affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Sa récente incarcération à La Santé était due à une autre affaire : La justice a estimé qu'il n'avait pas fait les efforts nécessaires pour régler les sommes qu'il avait été condamné à payer en 2017 dans l'affaire des primes en liquide du ministère de l'Intérieur.