Franck Provost inculpé de blanchiment d'argent lié à une évasion fiscale aggravée

Franck Provost inculpé de blanchiment d'argent lié à une évasion fiscale aggravée

Franck Provost est un monument de la coiffure et de l'industrie cosmétique. Il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. L'homme d'affaires est soupçonné d'avoir blanchi de graves fraudes fiscales.

L'année 2021 se termine sur une note triste pour Franck Provost ! Le célèbre coiffeur a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Il lui est notamment reproché d'avoir blanchi de graves fraudes fiscales.

L'annonce a été faite par le parquet de Nanterre. Dans une déclaration adressée à l'AFP, l'autorité a révélé que Franck Provost avait été mis en examen pour "abus de biens sociaux", "blanchiment en bande organisée de fraude fiscale aggravée" et "fourniture de matériels et de programmes en vue de commettre des infractions et des atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données". Le fondateur de la marque Franck Provost et du groupe Provalliance (propriétaire des marques Jean-Louis David et Saint-Algue) a été présenté à un juge d'instruction le mardi 21 décembre 2021. Il a été placé sous contrôle judiciaire et dispose d'une caution "fixée à plusieurs centaines de milliers d'euros".

Selon le parquet, plusieurs salons Franck Provost ont fait l'objet de "plusieurs signalements transmis par l'administration fiscale au cours de l'année 2017 concernant l'utilisation d'un logiciel de caisse frauduleux permettant de détourner des recettes encaissées en espèces dans un réseau de salons de coiffure". Une enquête préliminaire a été ouverte et confiée à la Brigade nationale de répression de la délinquance fiscale de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Elle porte sur des faits qui se seraient déroulés entre 2001 et 2021.

En janvier 2018, le magazine Le Point a révélé que l'administration fiscale enquêtait sur des soupçons d'évasion fiscale concernant des logiciels utilisés frauduleusement aux caisses de plusieurs établissements Franck Provost.

Un témoignage anonyme de 2015, recueilli par des inspecteurs des finances, avait attiré l'attention sur les agissements d'une société "confidentielle" du nom de Marlix. Elle fournissait aux salons de coiffure du groupe Provalliance "un logiciel permettant aux gérants de se connecter à distance à leur comptabilité". "Marlix commercialiserait également (...) une application contenue dans une petite clé USB qui, lorsqu'elle est connectée au logiciel de caisse, permet de saisir un pourcentage ou un montant du chiffre d'affaires en espèces à frauder", a ajouté le témoin.

Le 9 avril, l'ouverture d'une information judiciaire avait conduit à la mise en examen du directeur administratif et financier du groupe Provalliance. Elle concerne notamment les infractions d'"abus de biens sociaux et complicité, abus de confiance, fraude fiscale et complicité [de fraude fiscale, ndlr], blanchiment en bande organisée de fraude fiscale aggravée, exercice illégal de la profession de comptable, détention, offre et mise à disposition de matériels et programmes en vue de commettre des infractions et atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données".

L'avocat du groupe Provalliance, contacté jeudi matin (23 décembre 2021) par l'AFP, n'a pas encore répondu, tandis que l'avocat de Franck Provost affirme que son client est très serein.

Franck Provost reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu'au jugement définitif.