Laurent Bigorgne a drogué la sœur de sa première femme, le motif sexuel est contesté

Laurent Bigorgne a drogué la sœur de sa première femme, le motif sexuel est contesté

Avant ce mois de février 2022, Laurent Bigorgne était un économiste influent, sollicité sur les plateaux de télévision, proche de l'Élysée et à la tête de l'Institut Montaigne. Son monde s'est effondré depuis les accusations d'une de ses anciennes collaboratrices. Une femme qui n'est autre que la sœur de son ex-femme. "Libération a enquêté sur cette affaire sous haute pression.

C'est une sombre affaire sur laquelle Libération se penche. Dans son article paru dans son édition du 5 avril 2022, le journal revient sur les accusations portées par Sophie Conrad contre Laurent Bigorgne, ancien directeur de l'influent think tank Institut Montaigne. La plaignante dénonce en effet à la fois le fait que le parquet n'ait pas retenu l'intention sexuelle contre cet homme et les pressions exercées sur les enquêteurs. Cette femme n'est autre que la sœur de l'ex-femme de l'accusé.

En février 2022, Laurent Bigorgne a drogué une collaboratrice, Sophie Conrad, lors d'une soirée ; il a reconnu ces faits après que la femme a porté plainte. Dans une interview accordée à RMC le 8 mars 2022, elle a fait d'autres déclarations et révélé des problèmes dans la conduite de l'enquête. Libération a approfondi ses propos et révèle notamment la personnalité controversée de cet homme influent, ami du président de la République Emmanuel Macron. Le quotidien révèle également les liens de l'accusatrice avec l'homme qu'elle a dénoncé : "Il glissait des cristaux de MDMA, une forme d'ecstasy, dans la coupe de champagne de son employée, à l'insu de celle-ci, qui est aussi la sœur de sa première épouse".

Selon la victime, Laurent Bigorgne n'a reconnu que les faits qu'il ne pouvait pas nier devant la police. Elle rejette la défense du directeur de l'Institut Montaigne, reprise par Jean Veil - fils de Simone Veil - qui explique que l'homme était dans un état de grande fragilité, qu'il voulait juste que sa collaboratrice se sente bien, rétorquant ainsi : "Je ne sais pas quelle est l'autre motivation, en fait, de mettre de la drogue dans le verre d'une femme, que de vouloir abuser d'elle, la violer". L'épouse actuelle de Laurent Bigorgne, Véronique Bolhuis, interrogée par Libération sur la possibilité d'un désir de son mari pour Sophie Conrad, s'est exprimée en ces termes : "Cela me paraît impossible. Pour moi, elle représente son passé et elle ne correspond pas du tout à ce à quoi il aspire, à la vie qu'il mène. Elle représente Nancy, son passé, sa première femme, la province".

Boulimique de travail et, selon l'enquête, visiblement "accro à la cocaïne", sa femme a avoué ne pas reconnaître la personne avec qui elle vit en écoutant les déclarations des policiers. Elle a toutefois raconté à Libération un souvenir troublant : "Lors d'une soirée à la mi-novembre 2021, il avait mélangé de la MDMA dans sa tisane, et ce à son insu. On en a parlé après, je lui ai dit que ça ne se faisait pas, que c'était grave. C'était une conversation sérieuse, pas une blague, [...] il avait compris la gravité de la situation'".

Les avocats de Sophie Conrad s'interrogent sur l'existence d'autres victimes potentielles et ne souhaitent donc pas que l'affaire soit étouffée malgré les pressions extérieures, compte tenu des liens de Laurent Bigorgne avec des personnalités de haut rang. "L'Institut Montaigne, qui s'est constitué partie civile dans cette affaire, a mandaté un cabinet extérieur pour réaliser un audit interne, en interrogeant des collaborateurs actuels et anciens", rapporte le journal.