Laurent Bigorgne : Qui est l'influent économiste accusé d'avoir drogué une collaboratrice ?

Laurent Bigorgne : Qui est l'influent économiste accusé d'avoir drogué une collaboratrice ?

Laurent Bigorgne était jusqu'au 27 février directeur de l'Institut Montaigne, un think tank d'inspiration libérale qui réunit des chefs d'entreprise, des hauts fonctionnaires et des universitaires et produit régulièrement des études et des rapports destinés notamment aux pouvoirs publics. Il a présenté sa démission après avoir été soupçonné d'avoir drogué une collaboratrice à son insu lors d'une soirée.

Laurent Bigorgne (47 ans), un éminent économiste qui intervient régulièrement dans les médias, est désormais en difficulté. Le directeur de l'Institut Montaigne a présenté sa démission le 27 février 2022, alors qu'il doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, car il est soupçonné d'avoir drogué une collaboratrice à son insu lors d'une soirée, rapporte l'AFP. Le think tank libéral qu'il dirige depuis 2011 a accepté cette décision. Il ajoute qu'il "mettra tout en œuvre pour accompagner ses collaborateurs durant cette période en mettant à leur disposition une cellule psychologique" et a décidé de "mandater un tiers pour mener une enquête interne portant notamment sur l'environnement de travail au sein de l'institut".

L'une de ses collaboratrices, une femme de 40 ans invitée au domicile de Laurent Bigorgne, a déposé une plainte dans la nuit du mardi 22 février 2022 au mercredi 23 février 2022, après un début de soirée en sa compagnie. Selon Le Parisien, elle a raconté à la police qu'elle s'était soudainement sentie mal après avoir bu une coupe de champagne et qu'elle s'était rendue directement à l'hôpital, où on lui avait dit qu'elle présentait des symptômes de prise de drogue. Selon une expertise toxicologique de la plaignante, elle était à ce moment-là positive à la MDMA, une drogue de synthèse de la famille des amphétamines, également appelée ecstasy. Selon la plaignante, il aurait pris de la cocaïne. A l'issue de sa garde à vue débutée vendredi, Laurent Bigorgne a été convoqué par procès-verbal pour le 10 mars devant le tribunal pour "administration de substance nuisible suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne ayant agi sous l'emprise manifeste de stupéfiants".

Formé à Sciences Po Paris, où il a sympathisé avec Emmanuel Macron, Laurent Bigorgne a fait partie d'un comité de 34 hauts fonctionnaires, politiques et personnalités du monde de l'entreprise, nommé fin 2017 par le Premier ministre de l'époque, Edouard Philippe, pour dessiner la réforme de l'administration. Sa compagne est Véronique Bolhuis, qui a également fréquenté les bancs de l'Institut d'études politiques de Paris.

À partir de 2011, il a dirigé l'Institut Montaigne, fondé en 2000, un groupe de réflexion d'inspiration libérale qui réunit des chefs d'entreprise, des hauts fonctionnaires et des universitaires et qui produit régulièrement des études et des rapports destinés notamment aux pouvoirs publics. Le conseil d'administration de cette institution, Camille Godeau, directrice adjointe, ainsi que le comité de direction assureront la continuité de ses activités sous l'autorité du président Henri de Castries et des deux vice-présidents Jean-Dominique Senard et David Azéma.