Maltraitance dans les maisons de repos : Victor Castanet, qui a lâché la bombe et refusé 15 millions d'euros

Maltraitance dans les maisons de repos : Victor Castanet, qui a lâché la bombe et refusé 15 millions d'euros

Un mois après la sortie du livre "Les Fossoyeurs", "Cash Investigation" se penche sur le scandale des maisons de retraite, le 1er mars 2022 sur France 2. Cette œuvre a littéralement fait un carton dans les librairies et nous a définitivement ouvert les yeux sur la maltraitance des seniors dans ces établissements privés. Mais qui est l'auteur de cette enquête, qui a refusé les 15 millions d'euros pour ne pas la publier ?

Le scandale des maisons de retraite a été mis en lumière par l'enquête méticuleuse d'un journaliste, Victor Castanet. Après trois ans d'enquête dans des établissements privés accueillant des seniors, il a publié le 26 janvier 2022 un livre intitulé Les Fossoyeurs (éditions Fayard) qui a fait l'effet d'une bombe, dévoilant de sombres révélations sur le système qui maltraite nos aînés. C'est maintenant au tour de Cash Investigation, l'émission de France 2 diffusée le 1er mars, de se pencher sur le sujet et d'approfondir et d'illustrer ce sujet brûlant. Au départ de toute cette affaire médiatique, il y a donc un journaliste indépendant de 34 ans.

C'est lui qui a refusé 15 millions d'euros. Pour l'empêcher de publier son livre "Les Fossoyeurs", on lui a effectivement proposé cette somme monstrueuse. Le journaliste Victor Castanet l'a régulièrement mentionné dans ses interviews, mais uniquement pour se faire une idée des sommes atteintes dans le secteur. Dans Sud-Ouest, il explique ainsi : "Au milieu de mon enquête, quand Orpea a découvert son ampleur, un intermédiaire, qui n'était pas employé par le groupe, m'a effectivement proposé de terminer mon travail pour 15 millions d'euros. Le tout s'est déroulé dans le cadre d'une transaction encadrée par un avocat. Je dois avouer que j'ai été effrayé par la somme, mais il s'agit d'un groupe qui génère énormément d'argent ! Pour s'en convaincre, il suffit de savoir que son fondateur a vendu les 7 % d'actions qu'il possédait encore juste avant le Covid pour 450 millions d'euros ! Des fortunes se sont constituées grâce à la gestion privée de maisons de retraite".

Une somme qui ne le fera pas vaciller, car cette enquête, il la mène aussi pour des raisons personnelles, comme il l'explique pour le journal : "Mon grand-père, dont je suis très proche, a 95 ans et est en fin de vie. Il sera peut-être obligé d'aller dans une maison de retraite, et je ne peux pas imaginer qu'il soit confronté à une telle situation". Il va même jusqu'à défendre son travail devant les députés réunis en commission, espérant l'ouverture d'une enquête parlementaire, tout en refusant d'être un militant "pourfendeur du capitalisme", comme il le confie à Vanity Fair, pour que l'on puisse se concentrer sur les faits qu'il décrit.

Le magazine fait d'ailleurs son portrait. Un jeune étudiant en droit, en lettres modernes et en management à Sciences Po. Ses parents tiennent une épicerie dans le 7e arrondissement de Paris, il croise les ados Barnier et Fillon au lycée et se lance dans le métier. Il travaille comme pigiste pour Canal+, puis pour i-télé. Mais l'environnement de travail de la chaîne d'information ne lui plaît pas. Il préfère les enquêtes de fond et les investigations sur le terrain. Peu enclin à donner son avis sur Twitter, l'homme de l'ombre s'est retrouvé sous les feux de la rampe dès la sortie des Fossoyeurs, qui a rencontré un certain succès avec 91 696 exemplaires vendus.