Margaux Pinot : les raisons de l'acquittement d'Alain Schmitt

Margaux Pinot : les raisons de l'acquittement d'Alain Schmitt

Alain Schmitt, qui était poursuivi pour "violences aggravées" sur sa compagne Margaux Pinot, a été acquitté par la juge en novembre 2021. Celle-ci avait relevé plusieurs incohérences dans le récit de la judoka.

C'est une affaire qui a secoué le petit monde du judo lorsqu'elle a éclaté le 28 novembre dernier au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), dans l'appartement habité par Margaux Pinot. Une violente dispute avait éclaté entre la jeune femme de 27 ans, championne olympique de judo avec l'équipe mixte lors des derniers Jeux olympiques de Tokyo, et son compagnon et entraîneur de l'époque, Alain Schmitt. Il s'en est suivi une affaire judiciaire et médiatique dans laquelle les deux anciens amants ont opposé leurs visions très différentes des événements par médias interposés. Peu après le début de l'affaire, qui a été jugée par la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny, la juge a décidé de relaxer l'homme de 38 ans.

Selon le journal L'Équipe, qui a eu accès à des documents officiels, plusieurs raisons ont motivé cet acquittement. La juge en charge de l'affaire a tout d'abord exclu les témoignages des proches des deux protagonistes. "Aucun d'entre eux n'a été témoin ni des faits jugés, ni de la relation de couple dont ils racontent essentiellement des épisodes qui leur ont été rapportés par Alain Schmitt ou Margaux Pinot, chacun décrivant l'autre comme agressif", explique la juge Sonia Lumbroso. Elle s'attarde ensuite sur les déclarations faites par Margaux Pinot à la police après la dispute. Même si ses déclarations "sont plutôt étayées par les constatations médicales", il y a encore un élément qui ne colle pas. "On ne constate pas de blessures correspondant au fait qu'Alain Schmitt a frappé sa tête contre le sol à plusieurs reprises", précise-t-elle.

Les déclarations de Margaux Pinot ont quelque peu évolué au fil du temps et peuvent être contredites par les faits.

Un autre élément a visiblement fait pencher la balance en faveur de l'acquittement : l'inconstance de la jeune femme, qui était soutenue par d'autres athlètes lors de cette compétition, dans ses déclarations. "Force est de constater que Margaux Pinot a tenu des propos qui ont quelque peu évolué dans le temps et qui peuvent être contredits par les faits", déclare la juge, citant en exemple le moment où elle se réfugie chez sa voisine : "Elle dit immédiatement qu'elle a subi des violences parce qu'elle voulait changer d'entraîneur, ce qui est évidemment faux, et qu'elle ne l'a plus soutenu par la suite".

Une relation complexe et cachée

Si les témoignages ont donc été largement écartés, l'un d'entre eux a néanmoins été recueilli : celui de Madeleine Malonga, judokate entraînée par Alain Schmitt et amie de Margaux Pinot. Cette dernière évoque une relation loin d'être simple entre les deux hommes. "Elle a fait état d'une relation amoureuse compliquée, longtemps tenue secrète, avec des envies de séparation de la part de Margaux Pinot, mais aussi du caractère plutôt pondéré d'Alain Schmitt, qu'elle n'a jamais vu violent ou dans des accès de colère, même sous l'emprise de l'alcool, ajoutant : "Il peut être méchant verbalement, mais pas physiquement", selon la juge Lumbroso.

Il s'agit donc d'une affaire très complexe, mais comme les preuves n'étaient pas claires, la juge a décidé d'acquitter Alain Schmitt, au grand dam de Margaux Pinot.

L'article complet est disponible sur le site du journal sportif français L'Équipe.