Nordahl Lelandais : la prison à vie est requise

Nordahl Lelandais : la prison à vie est requise

Le procès de Nordahl Lelandais touche à sa fin ce jeudi 17 février. Alors que le verdict dans l'affaire du meurtre de la petite Maëlys et de l'agression sexuelle de ses cousines est attendu pour la fin de la semaine, l'avocat général a requis la prison à vie contre l'ancien militaire, le qualifiant de "danger social absolu". L'épilogue d'une affaire longue et extrêmement intense.

"Je vous demande de déclarer Nordahl Lelandais grand criminel et grand prédateur". C'est par ces mots que l'avocat général Jacques Dallest a commencé à conclure jeudi matin devant les jurés de la cour d'assises de l'Isère. Après trois semaines de procès, celui-ci avait pris parti pour le meurtre de la petite Maëlys de Araujo et l'agression sexuelle de ses petites cousines pour une peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Il a demandé aux jurés "de la lucidité (...) sur le fait que cet individu est particulièrement dangereux, et de la fermeté, non pas par vengeance, mais parce qu'il en va de l'intérêt de la société", revenant sur l'un des principaux débats du procès, la question du mobile sexuel. Les parents et les avocats de la jeune fille ont toujours été convaincus que l'enlèvement avait été effectué dans ce but.

Bien que Nordahl Lelandais ait toujours nié avoir abusé sexuellement de Maëlys et que le corps retrouvé trop tard n'ait pas permis d'en apporter la preuve formelle, l'avocat général est convaincu que l'accusé a cédé à des penchants pédophiles en enlevant la fillette. "Maëlys était l'enfant à la merci duquel il se trouvait, cela aurait pu être un autre enfant. Manifestement, le motif est sexuel", a-t-il déclaré alors qu'il comparaissait également pour deux agressions sexuelles sur ses cousines mineures.

Dans leurs plaidoiries, les cinq avocats de la défense avaient également évoqué ce motif, pour lequel l'accusé n'a pas été officiellement inculpé, faute de preuves. Tout au long du procès, l'accusé a insisté sur le fait qu'il voulait montrer ses chiens à Maëlys avant de s'effondrer dans sa voiture, évoquant une "crise de panique" et une "hallucination" dans laquelle il aurait finalement vu le visage d'Arthur Noyer.

Bien que ses déclarations aient été fluctuantes et qu'il ait reconnu le meurtre pendant le procès, il n'a cette fois pas réagi aux différents propos des avocats de la famille de la jeune fille, qui ont dressé de lui un portrait extrêmement sombre. Il n'a pas non plus réagi aux réquisitions de l'avocat général, si ce n'est en secouant la tête à l'annonce de sa condamnation à la prison à vie. Pour rappel, il y a presque un an, il avait déjà été condamné à 20 ans de prison pour le meurtre du sous-officier Arthur Noyer.

Jeudi après-midi, son avocat, Maître Jakubowicz, s'exprimera une dernière fois. Les conclusions finales seront rendues vendredi.