"Violence insupportable" : émeute après l'agression d'un député par des manifestants anti-passeports

"Violence insupportable" : émeute après l'agression d'un député par des manifestants anti-passeports

Les tensions lors d'une manifestation anti-passeport à Perpignan ont atteint leur paroxysme. A tel point que des violences ont eu lieu et ont visé la permanence de La République en marche de Romain Grau. Le député a décidé de saisir la justice.

Le carnet de santé, qui doit être transformé en carnet de vaccination le 24 janvier 2021, est une mesure controversée, qualifiée de "passeport de la honte" par ses opposants, qui a fait l'objet de plusieurs manifestations en France ce week-end. Lors de l'une d'entre elles, à Perpignan, le député LREM Romain Grau a été agressé avec deux autres personnes par des manifestants. Avocat de profession, il vient d'annoncer sur Twitter qu'il avait déposé plainte. "Je quitte à l'instant le commissariat de Perpignan après avoir déposé plainte avec @GuillemGervilla pour que justice soit rendue après ces violences insupportables. Merci à la police pour son accueil et son professionnalisme. Merci pour vos messages de soutien. Nous ne reculerons pas !", a écrit le député de La République en marche sur Twitter.

La veille, alors qu'il travaillait dans son bureau avec Guillem Gervilla, un conseiller parlementaire d'Eric Dupond-Moretti, "une horde de gens" s'est approchée d'eux et a tapé sur les vitres donnant sur la rue, a rapporté l'AFP. Les deux hommes sont alors sortis pour tenter de les calmer, mais ils ont été "violemment" agressés, selon Romain Grau, qui a fait état d'"insultes assez graves" et d'un "coup de poing au menton". "Un de mes voisins s'est interposé et a été giflé", a expliqué le député à l'AFP. Selon lui, les manifestants étaient environ 250.

Sur la vidéo postée sur Twitter par le député de la première circonscription des Pyrénées-Orientales, on voit un homme hurler "à mort" et un autre crier "ho ! tu l'as voté le pass ?". Une autre vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre des dizaines de personnes, dont certaines portant des gilets jaunes, répétant des "collabos" en direction des deux hommes politiques. "Nous avons finalement réussi à nous réfugier à l'étage", a rapporté Romain Grau.

Le ministre de la Justice a condamné "avec la plus grande fermeté" l'attaque dans un tweet : "Ces violences sont aussi le résultat des discours de haine tenus par certains politiques irresponsables". "Tout est mis en œuvre pour identifier les auteurs", a assuré de son côté le préfet des Pyrénées-Orientales, Etienne Stoskopf, sur le même réseau social.

En juillet 2019, la permanence de Romain Grau, ex-Les Républicains à Perpignan, avait été prise pour cible par des "gilets jaunes" qui avaient brisé des vitres et tenté d'incendier la pièce où se trouvait le député.